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Capture d’écran 2021-02-18 à 19.44.05.

L'amour la plus grande imposture de tout les temps 

50', 16mm double-bande, sonore, couleur, noir et blanc, Work in Progress, en travaux

Film évolutif qui s'intéresse à la culture et à la nature. Le film est décadré car le réalisateur n'a jamais regardé dans le viseur de la caméra, faisant confiance à l'objectif de l'appareil. 
Fourmis, Cézanne, Picasso, Sainte-Victoire, Avignon, place de l'Horloge, Venise et ses canaux, Carmen, La Tosca, gros Cailloux de la Croix-Rousse, Toulouse, Mirail, baignades...

"L'amour, la plus grande imposture de tous les temps" 

La partie (Occitanie) 

 

Au-delà des limites 

 

Le cadrage, principe même du cinéma : de l'histoire ancienne ! Ici on ne regarde plus dans le viseur : le décadrage, défi révolutionnaire lancé au cinéma, s'avère très riche de promesses. 

 

Il régénère radicalement les rapports public/écran. Le spectateur ressent une liberté totale ; il se retrouve seul devant le film, sans aucune contrainte, aucune présence imposée. Seules son imagination et son aspiration au rêve sont sollicitées. Car le plus haut respect restitue ici à chacun son individualité. On ne s'adresse plus à une salle compacte mais à des personnes qui se sentent à l'aise car libres pour découvrir le film, en même temps du reste que son auteur. 

 

L'Occitanie apparaît donc sans limites, sans jugement, sans regard préconçu, aussi libre que belle : Avignon, la Provence, le château de Vauvenargues, qui semble magnétiser de lui-même la caméra ! Elle est belle car rendue à elle-même. Picasso ne pouvait faire moins qu'être présent dans ce monde de l'intempestif ; il est profondément présent à travers "Jacqueline" qui se fait en se défaisant, cette vie intense du tableau étant entièrement rendue par la technique image par image. 

 

La rupture entre les différents plans - Avignon, Provence, Vauvenargues, La Grande Motte, la gare de Perpignan, puis la folie vertigineuse du dernier plan - est aussi surprenante qu'agréable. Elle confère aux plans une nouveauté et une innocence très grandes et contribue à l'impression de liberté. On meurt sans arrêt pour renaître et rêver un instant (cette remarque est aussi valable, à une autre échelle, pour la juxtaposition de chaque petit film). Et à travers ces échantillons (véritables car non cernés ni définis) que la réalité appréhendée dans sa totalité. 

 

Ce film est doublé d'une bande son, dont il est difficile de parler, tant elle s'intègre à lui. Les cris des petites filles au moment où l'on voit le château pourraient être des cris d'oiseaux et sont étonnants de clarté et de beauté. Dans leur brutalité première, ils rendent compte à eux seuls de tout le film. 

L'entretien de Monsieur Jean-Marie Auzias sur l'Occitanie, d'une richesse et d'une intelligence captivantes, n'est pas sans rapports avec la genèse du film qui semble parfaitement et secrètement y répondre. 

texte de Joëlle Sondaz, Paris, 1975. 

Lieux de projections et d'expositions de L'amour la plus grande imposture de tout les temps :

1988

   — 13/01/1988 : Ciné-club de Saint-Charles à la Sorbonne, Paris

1979

   — nuit de cinéma, Le CREDA,  Lyon